Photographe canicross : dans l’objectif de Marion VD Photographie
Interview Photographe Canisport – FastDogs Magazine
Nom : VENTURA DOMINGUES
Prénom : Marion
Nom du studio : Marion VD Photographie
Compte Instagram :
marion_vd_photographie
Compte Facebook :
Marion VD Photographie
Photographier le canicross : capter l’énergie des binômes
Dans l’univers des sports canins tractés, l’image joue un rôle essentiel. Elle transmet l’intensité d’un effort, la connexion entre un humain et son chien, la tension d’un départ, la concentration d’un virage, la boue, la pluie, le souffle.
Au-delà du simple souvenir, la photographie participe à la structuration médiatique du canicross, du cani-VTT et plus largement du mushing moderne. Elle documente, valorise et contribue à faire connaître ces disciplines encore en développement auprès du grand public.
FastDogs Magazine, en tant que magazine canicross et mushing indépendant, donne la parole à celles et ceux qui œuvrent en coulisses : organisateurs, bénévoles, athlètes… et photographes.
Aujourd’hui, nous rencontrons Marion Ventura Domingues, fondatrice de Marion VD Photographie, dont le travail sur les terrains de canicross et de cani-VTT met en lumière l’émotion brute des binômes.
Parcours & découverte du canicross
1. Pouvez-vous nous parler de votre parcours en tant que photographe ?
Petite, j’ai toujours eu du mal à m’exprimer oralement, j’ai alors très vite développé une aisance et une expression à travers la photographie de la nature. J’ai eu la chance de partager mon enfance avec mon premier chien qui fut mon tout premier modèle photo. S’en est suivi une passion débordante pour le monde équestre qui me permit de continuer mon apprentissage en photographie dans ce domaine.
Une fois mes études dans l’aménagement d’intérieur terminées et la perte de mon compagnon à quatre pattes, j’ai rangé l’appareil photo pour démarrer ma vie d’adulte. Après 5 ans sans toucher un appareil photo, lorsque 2 petits félins vinrent pointer le bout de leurs museaux, la photographie avec des modèles animaliers refit surface, puis quelques mois après ces arrivées pleines d’amour et de poils, une nouvelle arrivée bouscula ma vie. Ce petit ouragan se nomme Héra, une chienne croisée un peu tout type de berger …
Je me suis donc formée sur le terrain, seule, mais aussi et surtout grâce à des rencontres, et des échanges avec de magnifiques professionnels, amateurs ou juste avec des passionnés de photos.
2. Comment avez-vous commencé à photographier le canicross ?
C’est grâce à Héra, elle m’a fait découvrir et ouvert des portes qui sont aujourd’hui mes terrains de jeux favoris notamment le monde des sports canins.
Mon compagnon étant un compétiteur en canicross je l’accompagne sur chaque événement, j’ai commencé par faire « quelques » photos sur les événements, puis j’y ai rapidement pris goût.
3. Qu’est-ce qui vous a attiré vers la photographie de canicross en particulier ?
L’énergie et l’émotion transmises par les binômes. J’aime les retranscrire en image, j’aime les immortaliser. Les événements canicross me font vivre tellement d’émotions avant, pendant et après les courses, que j’aime les faire perdurer au travers de souvenirs imagés.
4. Avez-vous vous-même une expérience en canicross ou dans d’autres sports avec des chiens ?
Ayant un chien croisé un peu tout j’ai une vraie boule d’énergie entre les mains et il faut la dépenser ! On pratique la canicross, le frisbee, le hooper, l’agility, le canipaddle, la canirando et depuis peu la canitrott.
Technique & terrain
4. Quels sont les principaux défis techniques que vous rencontrez en photographiant le canicross ?
Me concernant le principal défi est la météo, ce sont des sports d’extérieurs et la météo n’est pas toujours très clémente …
5. Comment parvenez-vous à capturer l’énergie et la vitesse des coureurs et de leurs chiens ?
Honnêtement ? Je n’en sais rien. J’ai souvent l’impression que lorsque je choisi mon spot mes yeux « analyses » tous les angles possibles, et une fois fait c’est là que je fais 2-3 réglages pour être sûre de l’endroit. Et puis avec les animaux, le truc c’est l’adaptation ! Les réglages pour un binôme ne seront pas les mêmes pour un autre.
6. Quel équipement utilisez-vous pour photographier le canicross, et pourquoi ?
Je suis sur un boitier CANON 90D et généralement sur un téléobjectif SIGMA 100-400, j’ai choisi ce boitier tout d’abord car j’ai toujours été chez CANON et puis tout simplement parce qu’il correspond à ce dont j’avais besoin à mon niveau.
Pour l’objectif je voulais un télescopique car je sais pertinemment que nous ne pouvons pas être forcément aux abords des pistes pour une question de sécurité (dotant plus que je m’allonge pour photographier car j’aime les prises de vues par en dessous et ça m’apporte plus de stabilité), c’est pourquoi je voulais avoir la possibilité de pouvoir photographier de façon relativement éloignée et connaissant bien SIGMA je me suis naturellement porté sur cette marque.
7. Comment gérez-vous les différentes conditions météorologiques et de lumière lors des événements de canicross ?
Pour la lumière j’aime dire que je « danse » avec les réglages ! Pour ce qui est de la météo, j’ai envie de vous dire que lorsqu’il fait très chaud, qu’il pleut, neige, ou vente je subis autant que les concurrents … J’ai beaucoup investi ces derniers temps dans diverses protections en particulier depuis la CaniCorrézienne où il y a eu un déluge … 😀
8. Avez-vous une anecdote mémorable d’un événement de canicross que vous avez photographié ?
Justement la CaniCorrézienne, c’était un magnifique événement en dépit des conditions météorologiques. A peine arrivé, il s’est m’y à neiger et nous avons passé un week-end entre vent, pluie et neige, nous avions froid, trempé jusqu’aux os, mais l’ambiance été juste exceptionnelle, de la bonne humeur, des passionnés, de l’entraide…
Je ne m’attendais absolument pas à une telle météo, je n’étais pas suffisamment équipée en termes de protection étanche, mes mains étaient gelées, je tremblais de froid en attendant les concurrents, je me suis souvent entendu me dire « mais qu’est ce qui t’a pris » entre deux courses, j’ai souvent glissé dans la boue et ai failli finir dans le lac à plusieurs reprises d’ailleurs…
Et je me souviens de tous les mots que les participants ont eu à mon égard, ils étaient contents de voir qu’ils auraient des souvenirs en images malgré les intempéries, et vous savez quoi ? Ma plus belle récompense été leurs sourires…
9. Y a-t-il une photo de canicross dont vous êtes particulièrement fier(e) ?
Oui, une de Iosu et de son loup en canivtt lors du CF 2024 à Loupes, ce n’était pas la première fois que je le voyais passer devant mon objectif, et avec lui, ces photos sont toujours chargées d’émotions et d’énergies, on ressent tout rien qu’en voyant son binôme et je trouve, que cette photo montre l’intensité et la beauté du CF qui a eu lieu.
Vision & perspectives
10. Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite se lancer dans la photographie de canicross ?
Aimez la boue c’est le secret ! Non plus sérieusement, je n’ai qu’un seul conseil : soyez passionné et amusez vous tout en respectant les autres.
11. Comment percevez-vous l’évolution de la popularité du canicross et son impact sur votre travail ?
J’ai tendance à dire que le canicross à des chances d’évoluer comme le milieu équestre, dans le sens où peut être qu’un jour il y aura des possibilités professionnelles dans ce domaine, et je pense qu’il faudra vraiment des photographes uniquement spécialisés dans les sports de tractions canins.
12. Quels sont les aspects les plus gratifiants de photographier le canicross ?
Les échanges avec les concurrents, organisateurs et autres photographes pros comme amateurs ou passionnés, mais par-dessus tout, je sais je me répète, mais la transmission d’émotions lorsque l’on voit les binômes. Et bien entendu, voir le bonheur des personnes qui récupèrent leurs photos par la suite.
13. Quels sont les aspects négatifs que vous auriez-pu rencontrer ?
Comme partout, certaines mentalités et façon d’être sont négatives, mais je pense qu’il ne faut pas s’arrêter à cela et avancer et laisser ce genre de personnes et situations de côté et se concentrer sur le positif.
14. Comment pensez-vous que vos photos contribuent à promouvoir le sport du canicross ?
Ce sport n’est pas encore très connu du grand publique, il commence à l’être grâce aux nombreux médias qui s’y intéressent de plus en plus. Et je pense que, quelques soit la photo ou le photographe dans ce domaine, qu’ « une image vaut mieux que mille mots » et permet de circuler plus facilement sur les réseaux, tv ou autre, et elles contribuent à la promotion de ces sports de tractions.
14. Quels sont vos projets futurs en matière de photographie de canicross ?
Je compte continuer en loisir, mon métier principal m’offres d’innombrables opportunités qui font que je ne pourrais malheureusement plus me rendre autant qu’avant sur des événements canicross, mais je souhaite continuer le plus possible à m’y rendre pour offrir des beaux souvenirs en images.
15. Y a-t-il des techniques ou des approches nouvelles que vous aimeriez explorer dans ce domaine ?
Il y en a énormément oui, et c’est pourquoi avant d’en parler je préfère tester avec des modèles photos lors de shoot lors de sessions d’entraînements 😊
16. Comment parvenez-vous à établir une connexion avec les participants et leurs chiens pour capturer des moments authentiques ?
Je me mets à leur place, lorsque je faisais des compétitions avec ma chienne, j’appréciais trouver des photos de nous en individuelle pas en groupe par exemple, j’aime aussi les prises de vues par-dessous, etc.
J’y met tout mon cœur et mon énergie, je ne dis pas que je réussi à chaque fois, car les goûts et les couleurs sont propres à chacun, certains préféreront être flouté et que le chien soit plus visible, d’autre préféreront que le binôme en entier soit bien net, ou encore d’autre voudront des photos de profil où l’on voit le binôme « en long ».
Je sais qu’au moins j’ai fait de mon mieux pour capturer ces moments.
17. Sur quelles courses serez-vous présent dans le futur ?
Alors on me dit dans l’oreillette qu’il y a plusieurs événements où je serais potentiellement présente mais avant de vendre la mèche je vais attendre les feux verts des orgas 😉